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Tout savoir sur le danseur étoile 

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Le métier de danseur étoile recèle pleins de mystères. Alors pour toi, nous avons enquêté afin d’en savoir plus sur la réalité de ce métier réputé pour être inaccessible et très exigeant. Au programme, immersion dans le quotidien d’un danseur étoile, portrait des plus grands danseurs reconnus dans le monde et zoom sur le salaire danseur étoile. Comment devenir danseur étoile ? Quelle formation suivre ? Comment et par qui le danseur est-il nommé étoile ? Comment se déroule la nomination ? On répond à toutes tes questions dans cet article !

En quoi consiste le métier de danseur étoile ?

Il s’agit du titre suprême dans la hiérarchie du Ballet de l’Opéra national de Paris. Être nommé étoile est la consécration de toute une vie pour les danseurs de ballet. Le danseur étoile incarne le plus souvent le rôle principal dans un ballet. Une compagnie compte généralement plusieurs danseurs étoiles. Les statuts se hiérarchisent ensuite ainsi :  premiers danseurs, sujets, coryphées et enfin quadrilles. Tous ces danseurs interprètent des chorégraphies dirigés par les maîtres de ballet. À l’Opéra de Paris, on compte 17 danseurs étoile en activité au total, soit 10 femmes et 7 hommes. Voici quelques grands noms de chorégraphes qui ont marqué leur temps : Benjamin Millepied, Marie-Claude Pietragalla, Carolyn Carlson, Maurice Béjart, Angelin Preljocaj, Marius Petipa, Jean Babilée, William Forsythe, Roland Petit, Serge Lifar, mais aussi Vaslav Fomitch Nijinski.

Les spécificités d’un danseur étoile 

Le quotidien d’un danseur étoile est minutieusement organisé. Son temps de carrière est très court par rapport aux autres métiers. Pourquoi ? Car c’est une profession qui nécessite des compétences physiques toujours plus poussées. Le danseur étoile n’a donc que quelques années pour briller sur scène. Son emploi du temps est rythmé par des auditions, des entraînements pour améliorer sa technique (au moins 3 heures par jour), des répétitions de ballet (pendant 4 à 6 heures), et enfin une représentation pour finir la journée. Quel que soit son ballet (contemporain ou classique), la préparation physique d’un danseur étoile nécessite un travail quotidien intensif. Le danseur doit respecter à la lettre une ascèse rigoureuse s’il veut accomplir son rêve. Le travail de nuit, pendant les jours fériés et le week-end est de règle. Par ailleurs, ce métier implique des déplacements fréquents pour le danseur, parfois à l’étranger.

Les compétences à acquérir pour exercer cette profession

De nombreuses compétences sont nécessaires pour être l’un des meilleurs dans sa discipline. Un danseur étoile doit impérativement avoir de la souplesse, de la patience, de la persévérance, sans oublier le sens du rythme. Autant de qualités qui s’acquièrent dès le plus jeune âge. Il doit sans cesse se remettre en question pour s’améliorer. L’écoute de son corps est indispensable pour connaître ses limites, adopter les bons gestes et développer sa condition physique. Enfin, le danseur étoile doit être passionné par son art, afin de ne pas subir les heures d’entraînement et les vivre comme un dépassement de soi sain. 

Comment est nommé un danseur étoile ?

À Paris, le danseur reçoit le titre d’étoile sur choix du directeur de l’Opéra après proposition du directeur de la danse. Sa nomination ne prend pas la forme d’une cérémonie organisée et planifiée. La décision est prise au cours d’un ballet où le danseur est premier danseur ou sujet, mais jamais lorsqu’il est dans le corps de ballet. Le danseur apprend donc sa nomination sur le vif, ce qui rend cet évènement d’autant plus marquant. 

Le salaire danseur étoile 

Tu l’auras compris, ce métier est plus ou moins réservé à l’élite de la danse, ce qui a un impact direct sur sa rémunération. En moyenne, le salaire d’un danseur étoile oscille entre 7 000 € et 12 000 € par mois. Néanmoins, cette fourchette tend à régresser ou augmenter selon le niveau d’expérience du professionnel et de sa notoriété. On t’explique tout ci-dessous.

Rémunération d’un danseur de petit ballet 

Aux yeux de l’administration, la plupart des danseurs et danseuses sont des intermittents du spectacle. Cela signifie qu’ils vivent modestement de leur art. Pour compléter leurs revenus, beaucoup de danseurs donnent des cours. Ils jouissent, en effet, d’un niveau professionnel reconnu, ce qui leur permet d’être légitimes à enseigner. Le salaire d’un danseur débutant, généralement intermittent du spectacle, est de 1 500 € brut par mois.

Le salaire d’un danseur étoile et d’un danseur de grand ballet

Le titre d’étoile change considérablement la donne. Seuls les étoiles et les danseurs de grands ballets vivent confortablement de leur art. Entrer dans une grande compagnie et décrocher le titre d’étoile sont des épreuves si difficiles qu’une fois ces objectifs atteints, les danseurs sont largement récompensés et jouissent d’une reconnaissance du public et des compagnies. À l’Opéra de Paris (Palais Garnier ou Opéra Bastille), les étoiles gagnent entre 3 500 € et 7 000 € nets par mois, selon s’ils sont en début ou en fin de carrière. Ils peuvent également percevoir un cachet d’environ 10 000 € par représentation à l’extérieur lors des galas. Enfin, les danseurs étoiles non salariés touchent généralement entre 7 000 € et 12 000 € par an de cachets (60 % des revenus, le reste est payé par l’assurance chômage). 

L’âge limite d’un danseur étoile : un cas à part 

Pour des raisons évidentes liées à leurs conditions physiques, les danseurs étoiles touchent une retraite prématurée. En effet, l’âge limite pour un danseur étoile est de 42 ans et demi. C’est en tout cas la règle à l’Opéra de Paris. Néanmoins, cela n’a pas toujours été de rigueur. Autrefois, les hommes partaient à 45 ans et les femmes, 40. Pour des raisons d’égalité hommes-femmes, l’Opéra de Paris a décidé d’uniformiser l’âge de départ en le fixant à la moyenne entre les deux, soit 42 et demi. Le départ à la retraite se concrétise par des adieux à la scène lors d’une dernière représentation à l’Opéra Garnier ou Bastille.

Les possibilités d’évolution de carrière d’un danseur étoile

La carrière d’un danseur étoile ne se limite pas aux représentations de l’opéra dont il est membre. L’évolution de carrière est très riche car elle peut prendre des voies très différentes. Le danseur étoile peut s’engager auprès d’autres compagnies ou auprès de chorégraphes plus réputés. Cependant, la concurrence reste rude. 

Vers 40 ans, soit l’âge moyen du départ à la retraite, les danseurs cherchent à se reconvertir. Beaucoup se consacrent donc à l’enseignement. Pour cela, ils doivent être titulaire du diplôme d’État de professeur de danse (niveau bac+2) ou du certificat d’aptitude (CA). D’autres choisissent de devenir chorégraphes ou d’assurer des fonctions d’organisation et de gestion pour des compagnies de danse, des théâtres ou des conservatoires. Là encore, beaucoup sont appelés, mais très peu sont élus. 

Portrait des plus grands danseurs étoile

Tu souhaites devenir danseur étoile ? Il te faut tout d’abord connaître le nom des pionniers de ce métier. Pour incarner notre propos, nous t’avons retracé le parcours de quelques danseurs étoiles dont les noms te seront peut-être familiers ! 

Patrick Dupond, danseur étoile de renommée internationale

L’année 1976 constitue un tremplin dans la carrière de Patrick Dupond lorsqu’il est médaillé d’or du concours international de ballet de Varna en Bulgarie. Il jouit alors d’une reconnaissance internationale. Virtuose dans son domaine, il est nommé danseur étoile de l’Opéra national de Paris en 1980, qui marque alors l’apogée de sa carrière. Il rencontre un succès considérable en France ainsi qu’à l’étranger. Dix ans plus tard, il devient directeur de la danse du ballet de l’Opéra national de Paris.

patrick dupont

Mais les relations avec l’Opéra de Paris sont tendues si bien que Patrick Dupond se retirer de ses fonctions en 1995. Il quitte l’Opéra de Paris deux ans plus tard, licencié d’après lui pour insoumission et indiscipline. Depuis, il a développé une carrière plus médiatique avec ses apparitions lors de divers émissions télévisées en tant que candidat ou comme juré d’émissions. On peut citer Prodiges ou Danse avec les stars par exemple. Il continuera de se produire sur scène jusqu’à son décès en 2021.

Marie-Claude Pietragalla

MARIE CLAUDE pietragalla

Marie-Claude Pietragalla figure parmi les danseuses étoiles les plus prestigieuses. Après avoir assisté au spectacle de Maurice Béjart, elle décide, à l’âge de 10 ans, de passer le concours d’entrée de l’école de danse du ballet de l’Opéra national de Paris.

Son directeur de danse à l’époque, Claude Bessy, la décrit comme une élève très déterminée avec un fort caractère. À 16 ans, elle fait ses premiers pas dans le corps de ballet de l’Opéra. En très peu de temps, elle gravit les échelons en étant nommée quadrille en 1980, coryphée en 1981 et sujet en 1982. Elle devient première danseuse en 1988. En 1990, Marie-Claude Pietragalla est nommée étoile par Patrick Dupond, suite à sa représentation de Don Quichotte où elle incarne Kitri. La danseuse étoile s’illustre aussi bien en classique qu’en danse contemporaine. Elle est notamment connue du jeune publique en tant que jury dans l’émission Danse avec les Stars.

Germain Louvet

Germain Louvet intègre, avec trois autres garçons, le corps de ballet de l’Opéra de Paris en 2011. Suite au concours interne du Corps de ballet de l’Opéra de Paris, il est promu Coryphée en 2013, Sujet en 2014 et Premier danseur en 2016.

Il travaille notamment avec Benjamin Millepied dans Casse-noisette et Roméo. En 2018, en hommage aux 25 ans de la mort de Rudolf Noureev, il danse avec l’étoile russe Svetlana Zakharova lors de plusieurs représentations au sein du Théâtre de la Scala de Milan. La même année, il partage la scène aux côtés de l’étoile Dorothée Gilbert en tant que premier rôle masculin dans le ballet La fille mal gardée, de Frederick Ashton. À l’issue d’une représentation du Lac des cygnes de Rudolf Noureev, où il interprète le rôle principal de Siegfried aux côtés de Ludmila Pagliero et Karl Paquette, et sur proposition d’Aurélie Dupont, directrice du Ballet, Germain Louvet est nommé danseur étoile à 23 ans. 

Comment devenir danseur étoile ? 

Devenir danseur étoile est l’accomplissement suprême après des années d’entraînements, de persévérance, de constance. Sans surprise, la passion reste est la clé du succès de ces danseurs. Elle permet d’avoir un mental d’acier malgré les échecs, de persévérer et d’endurer les couleurs physiques. Malgré tout, tous les très bons danseurs ne sont pas sacrés étoiles. 

Être un virtuose de la danse est un travail de longue haleine. Il faut commencer dès son plus jeune âge, généralement autour de 10 ans, à assouplir son corps, à découvrir de nouvelles possibilités pour l’habituer à être stimulé, à repousser ses limites. Du cours élémentaire à la troisième, l’enfant peut suivre des classes à horaires aménagés. Il poursuivra une scolarité normale avec des programmes d’enseignement général identiques à ceux des cycles traditionnels.

Parallèlement, la danse leur est enseignée dans les conservatoires de région. Un jeune danseur peut préparer un bac technologique TMD (techniques musique et danse). Il pourra ensuite faire ses armes dans un conservatoire à rayonnement régional (CRR) ou une école nationale de musique (ENMD), avant de viser une école supérieure de danse. Après l’apprentissage des bases du classique, il est recommandé d’intégrer directement une prestigieuse école de danse pour être formé le plus tôt possible par des professeurs talentueux, ambitieux et exigeants. Le jeune danseur peut également passer par des concours internationaux, des stages ou des auditions. De nombreuses écoles de danse délivrent leur diplôme, la plus prestigieuse étant l’École de danse de l’Opéra de Paris. Quoi qu’il en soit, la sélection à l’entrée est reste sévère ! Parmi les centres de formation des danseurs, on retrouve les conservatoires nationaux de musique et de danse, le centre national de danse contemporaine d’Angers, l’École nationale supérieure de danse de Marseille ou encore l’École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower. Intégrer une compagnie de ballet, par la suite, est indispensable pour en gravir tous les échelons.

Un diplôme certifie le niveau de professionnalisme du danseur, il s’agit du DNSP danseur (diplôme national supérieur professionnel de danseur) qui est accessible aux titulaires du diplôme d’études chorégraphiques ou du diplôme national d’orientation professionnelle de danseur. Six écoles y préparent : le Centre national de danse contemporaine d’Angers, l’École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, l’École nationale supérieure de danse de Marseille, l’École de danse de l’Opéra de Paris, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse. Pour faciliter les reconversions professionnelles, en cas d’échec dans la voie de danseur, les candidats au DNSP s’engagent à préparer une licence universitaire en parallèle. Le DNSP est aussi accessible dans le cadre de la VAE. Enfin, le danseur doit intégrer un prestigieux ballet pour en gravir les échelons et espérer le titre d’étoile.